Aujourd’hui, on plonge dans l’histoire du bando FPV, ce terrain de jeu en béton et en rouille qui a façonné toute une génération de pilotes. D’où vient ce mot, comment la pratique s’est développée, et pourquoi elle a fini par influencer jusqu’à Hollywood ? On vous raconte tout.
L’origine surprenante du bando FPV
Le mot « bando » n’a rien à voir avec les drones à la base. C’est un raccourci d’abandoned », issu du slang des rues d’Atlanta. Dans les années 2000-2010, un bando désigne une maison abandonnée servant de point de vente de drogue. Le terme explose en 2012-2013 grâce au trio de rap Migos et leur morceau « Bando », avant de devenir mondial.
Mais avant que les pilotes FPV ne s’emparent de ces lieux, les urbexeurs les exploraient déjà depuis les années 70-80, appareil photo en main. Même fascination pour la ruine, même code du secret autour des spots. Les pilotes FPV ont hérité de cette culture sans forcément le savoir.
De Charpu à Detroit : la montée en puissance
En mars 2015, Charpu publie « Left Behind », une vidéo tournée dans un hôpital abandonné près de Madrid. Plus de 2 millions de vues. Pour la première fois, le bâtiment n’est pas un simple décor, c’est le personnage central de la vidéo. La pratique du bando FPV est lancée.
Detroit incarne ensuite le phénomène à une tout autre échelle. Après avoir perdu 60% de sa population, la ville laisse derrière elle des milliers de bâtiments abandonnés. Drew Camden, alias Le Drib, ingénieur chez General Motors le jour, vole dans les ruines de cette même industrie le soir. Il rejoint Rotor Riot en 2017 et en devient président en 2018.
La France, terre de bandos
La France possède un patrimoine abandonné exceptionnel. Le sanatorium d’Aincourt dans le Val d’Oise est devenu un spot mythique, au point d’être modélisé dans le simulateur Uncrashed. Tomz FPV, surnommé « Le Bando King », a marqué l’histoire avec sa méthode unique : conceptualiser chaque ligne complète avant de voler, transformant ses sessions en véritables chorégraphies.
Le bando a été le laboratoire silencieux du freestyle français. C’est dans ces lieux que toute une génération a appris à lire un environnement complexe et à y tracer des lignes inédites.
Du bando à Hollywood
Le savoir-faire forgé dans les bandos a directement nourri le FPV cinématique professionnel. Fincky a fondé House of FPV et volé pour Red Bull. J-True est passé des ruines aux grosses productions. Et quand Michael Bay tourne « Ambulance » en 2022, ce sont des pilotes FPV formés à ce type de vol qui captent les séquences les plus spectaculaires du film.
Conclusion
Le bando FPV est bien plus qu’un type de spot. C’est un état d’esprit, un rapport brut à l’environnement, et le berceau d’un savoir-faire qui a fini par conquérir l’industrie du cinéma. Tant qu’il y aura des bâtiments abandonnés et des pilotes avec une radio, quelqu’un trouvera un nouveau spot.

