Après la diffusion du documentaire sur France 3 Grand Est et france.tv, on s’est retrouvé en live pour parler des coulisses de Fly Or Die avec une partie de l’équipe. Zerpo, le papa de PiratFrames, co-auteur, co-réalisateur et directeur artistique du projet, était à mes côtés. Trois des quatre pilotes du documentaire ont aussi répondu présents : Benoît Fink, Joris Pierrat et Pellafoin. L’occasion de revenir sur trois ans de travail et de partager pas mal d’anecdotes sur la fabrication du film.
Trois ans de travail pour les coulisses de Fly Or Die
Le projet a démarré il y a presque trois ans. Entre l’idée de départ, la recherche d’un diffuseur, l’écriture et les tournages, le temps file vite. Sans diffuseur, rien ne se fait dans ce milieu, et il a fallu environ deux ans pour en trouver un. La production a été assurée par Sépia et la diffusion par France 3 Grand Est. Gwenaël, co-auteur, co-réalisateur et monteur, a apporté son expérience du documentaire, là où Zerpo et moi avons découvert le métier au fur et à mesure de l’aventure.
L’écriture a été un gros morceau, et probablement la partie qu’on a le plus sous-estimée au départ. On pensait qu’un documentaire, ça se tournait au fil de la vie des personnages, en les suivant simplement caméra à l’épaule. En réalité, sans budget énorme permettant des dizaines de journées de tournage, il faut scripter une bonne partie des séquences pour pouvoir raconter une histoire cohérente. Gwenaël a couché les mots sur papier à partir de tout ce qu’on lui racontait sur les disciplines et les pilotes. Il a fait un boulot monstrueux pour relier les quatre parcours entre eux, faire en sorte qu’un personnage en présente un autre, et garder un fil narratif solide sur l’ensemble de la série.

Le choix des quatre pilotes
Quatre disciplines, quatre personnages : freestyle avec Pellafoin, long range avec Joris Pierrat, cinéma FPV avec Benoît Fink, et race avec Killian Rousseau. Le choix s’est fait au feeling, avec l’envie de bosser avec des gens qu’on aime, qui sont à l’aise devant la caméra, et qui représentent bien leur pratique aujourd’hui. Plusieurs autres profils ont été envisagés, certains n’étaient pas disponibles, d’autres pas spécialement à l’aise dans l’exercice, et d’autres encore plus assez spécialisés dans le FPV pour coller au format.

Le parti pris assumé dès le départ : pas de voix off. Dans la plupart des documentaires, une voix off est écrite en amont, puis retravaillée en fonction des rushes pour combler les trous. Ici, on a fait le choix inverse : ce sont les pilotes eux-mêmes qui racontent leur histoire, ce qui rend le film plus incarné mais demande des intervenants capables de porter le récit. C’est aussi pour ça que le casting a été aussi important : sans voix off pour rattraper les choses au montage, il faut des personnages qui parlent juste et qui savent transmettre leur passion à l’oral.
Quinze jours de tournage et beaucoup de rush, les coulisses de Fly Or Die
Quinze jours de tournage effectifs, étalés sur de longs mois de l’été 2025. Le tournage s’est fait principalement à la FX3 en caméra principale, avec une caméra secondaire selon les jours, un preneur de son équipé d’une perche stéréo pour donner de la profondeur, et des équipes complètes de France 3 sur cinq journées. À la fin, trois disques durs de 2 To étaient remplis de rush, avec des split screens un peu partout dans le film qui demandaient toujours plusieurs points de vue sur chaque action.

Une partie complexe a été la synchronisation entre les caméras au sol et les images des drones. Sur les caméras, des entrées dédiées permettent de caler le son. Sur les drones, rien de tout ça. Astuce de tournage : on montrait des time codes sur le téléphone face aux caméras embarquées pour pouvoir tout recaler en post-production. Une bidouille toute simple mais indispensable pour que le montage final tienne la route.
Direction artistique et musique
Côté image, la série Moto sur Netflix a servi de référence, avec ses couleurs chaudes et ses contre-plongées légères qui donnaient une vraie identité visuelle. On a passé un certain temps à générer des images de test pour essayer de visualiser ce qu’on voulait avant de partir en tournage, parce que sans expérience, il est très difficile de juger d’une idée artistique tant qu’elle reste sur le papier. Sur le terrain, chaque pilote est filmé avec sa propre couleur dominante et son propre thème musical, deux éléments volontairement discrets mais qui changent l’ambiance d’un épisode à l’autre et aident à la compréhension globale.
La musique a été composée spécialement pour le documentaire par Lionel Pierres, en parallèle des tournages. Le processus s’est fait par allers-retours réguliers : il envoyait des bouts de morceaux, on les posait sur les premiers montages pour voir si ça collait, puis il retravaillait. Donner un avis pertinent sur une musique encore en brouillon n’est pas évident, surtout quand on n’a pas l’habitude, mais le résultat final est vraiment cohérent avec l’identité du film. Une mixtape regroupant toutes les musiques de la série est d’ailleurs disponible sur Spotify pour celles et ceux qui ont accroché à la bande-son.
Conclusion
Trois ans de travail, des rencontres, des galères, beaucoup d’apprentissage et un projet qu’on n’aurait jamais imaginé mener jusqu’au bout au démarrage. Les coulisses de Fly Or Die, c’est avant tout l’histoire d’une petite équipe qui s’est lancée sans expérience du documentaire et qui a tenu bon pendant trois ans pour amener le projet sur une chaîne nationale. Si vous n’avez pas encore vu le docu, il est disponible sur france.tv et sur YouTube. Et si vous voulez creuser encore plus, le live complet est aussi dispo en replay sur la chaîne.

