Betaflight 2026.06 est la prochaine grande version du logiciel qui fait voler la quasi-totalité de nos drones FPV. Elle arrive très bientôt, et elle est même déjà disponible en préversion pour les curieux. Cette version ne se contente pas de corriger des bugs : elle repense entièrement le logiciel de configuration et pose les premières briques du vol autonome. Plutôt que de vous assommer avec la liste exhaustive des centaines de changements (tous détaillés dans les notes de version officielles), voici les nouveautés qui vont réellement changer quelque chose pour vous.
L’essentiel : Betaflight 2026.06 apporte un configurateur entièrement modernisé (une vraie appli web), les premières bases du vol par points de passage, le maintien de position sans GPS, des profils de batterie interchangeables et le support d’ExpressLRS 4.0.
Betaflight 2026.06 : pourquoi ce numéro de version ?
Commençons par le détail qui intrigue. Betaflight a changé sa façon de numéroter ses versions : fini les « 4.5 », place à la date. 2026.06 veut simplement dire « la version de juin 2026 ». C’est plus clair pour tout le monde, puisque d’un coup d’œil, vous savez si votre firmware est récent ou s’il commence à dater.
Le nouveau configurateur de Betaflight 2026.06
C’est le changement que tout le monde va voir en premier. Les développeurs ont entièrement reconstruit le configurateur, le logiciel dans lequel on branche son drone pour le régler. Ils ont abandonné la vieille base technique, qui datait, pour repartir sur des fondations modernes.
Concrètement, pour vous, ça donne une interface plus rapide, plus claire, qui se met à jour toute seule. Surtout, elle devient une véritable application web, accessible directement depuis le navigateur sur app.betaflight.com. Plus besoin d’installer un logiciel qui prend la poussière. C’est le prolongement de ce que je montrais déjà dans ma vidéo sur le configurateur version navigateur, sauf que cette fois, c’est la direction officielle de Betaflight, et ça marche aussi sur mobile.
Peut-on configurer son drone depuis un téléphone ?
De plus en plus, oui. En plus de l’appli web qui tourne sur mobile, 2026.06 introduit deux nouveautés pratiques. La première, c’est un flashage direct depuis Android : vous pouvez installer le firmware sur votre contrôleur de vol depuis un téléphone Android, sans passer par un ordinateur ni des outils compliqués.
La seconde, c’est un accessoire expérimental appelé Betaflight Bridge : un petit boîtier qui crée un pont Wi-Fi entre votre drone et vos appareils sans port USB pratique, comme un iPhone ou un iPad. Vous vous connectez alors à votre drone sans fil. C’est encore expérimental, mais la direction est claire : régler son drone depuis son téléphone, directement sur le terrain.
Faut-il encore un logiciel séparé pour analyser ses vols ?
Non, et c’est une belle simplification. L’appli intègre maintenant l’analyseur de boîte noire (le « blackbox »). La boîte noire, c’est l’enregistreur de vol de votre drone : elle note tout ce qui se passe pendant le vol, ce qui permet ensuite de comprendre un comportement bizarre ou d’affiner ses réglages. Avant, il fallait un outil à part. Maintenant, les graphiques, l’analyse des vibrations, la trajectoire GPS et la vue 3D sont accessibles au même endroit.
Betaflight 2026.06 se met (doucement) au vol autonome
Voilà la nouveauté la plus spectaculaire sur le papier. Betaflight commence à intégrer le vol autonome par points de passage : on définit un parcours (jusqu’à 30 points), avec une vitesse et une altitude pour chacun, et une phase de décollage. Ce sont les premières briques pour qu’un drone suive une trajectoire tout seul.
Soyons honnêtes, ce n’est pas encore utilisable en vol réel. Pour l’instant, ça fonctionne uniquement en simulation. C’est une fondation posée pour l’avenir, pas une fonction prête à l’emploi. Mais la direction est claire, et Betaflight devient au passage compatible avec des logiciels de planification de mission comme QGroundControl. À suivre de près dans les prochaines versions.
Tenir sa position sans GPS, c’est désormais possible
Attention à ne pas confondre. Le maintien de position et d’altitude existait déjà sur Betaflight, mais il reposait sur le GPS. La vraie nouveauté de 2026.06, c’est de pouvoir le faire sans GPS, grâce à un capteur de flux optique (une petite caméra qui regarde le sol). Le capteur « lit » le défilement du sol pour détecter la moindre dérive et la corriger.
L’intérêt, c’est de pouvoir voler en intérieur, ou dans des endroits où le GPS ne passe pas, tout en gardant un drone qui reste bien en place au lieu de dériver. Jusqu’ici, on voyait surtout ce genre de capacité sur les drones grand public stabilisés, type DJI. La voir arriver sur nos machines Betaflight, c’est un vrai pas en avant.
Un GPS plus rapide et mieux branché
Le GPS progresse sur deux points. D’abord, une technologie appelée AssistNow aide le drone à accrocher les satellites plus vite au démarrage. Vous attendez donc moins longtemps avant de pouvoir compter sur le GPS Rescue, le retour automatique en cas de perte de signal.
Ensuite, Betaflight ouvre le support du DroneCAN, une façon plus propre et plus fiable de brancher certains accessoires comme le GPS. Au lieu d’un fil par fonction, plusieurs modules partagent le même bus, ce qui donne moins de câblage et des connexions plus robustes. Le GPS est le premier accessoire à en profiter.
Profils de batterie : passer de la LiPo à la Li-ion en un geste
Voilà une nouveauté toute bête mais bien pratique, surtout si vous jonglez entre LiPo et Li-ion. Les deux chimies n’ont pas les mêmes seuils de tension : régler son drone pour de la LiPo, c’est déclencher l’alarme trop tôt en Li-ion, et le régler pour de la Li-ion, c’est risquer de vider une LiPo dangereusement bas.
2026.06 permet d’enregistrer plusieurs profils de batterie (jusqu’à trois), chacun avec ses propres seuils de tension, sa capacité et son nombre de cellules, puis de basculer de l’un à l’autre, même en plein vol, avec un simple interrupteur. Concrètement, votre 6 ou 7 pouces de long range peut passer en mode LiPo quand vous partez en freestyle ou en vol court, et en mode Li-ion quand vous visez la distance. Un seul drone, deux réglages, zéro reconfiguration à la main.
ExpressLRS 4.0 : pour qui, exactement ?
Petite précision importante, parce que le sujet prête à confusion. Si vous pilotez avec un récepteur ExpressLRS externe (le cas le plus courant, un petit module branché sur le contrôleur de vol), ExpressLRS 4.0 fonctionnait déjà : votre récepteur parle au drone dans un langage (le CRSF) qui ne dépend pas de la version d’ExpressLRS. Pour vous, rien ne change.
La nouveauté de 2026.06 concerne les contrôleurs de vol qui ont l’ExpressLRS intégré directement dans la carte (ce qu’on appelle le « SPI »). Ces modèles-là gèrent maintenant ExpressLRS 4.0. La version 3 reste le réglage par défaut, donc là encore, rien ne bouge tant que vous ne le décidez pas.
Et sous le capot ?
Pour les plus curieux, 2026.06 élargit aussi la liste des matériels supportés, avec de nouvelles puces de contrôleurs de vol, dont des modèles plus puissants et même à double cœur. On note aussi une nouveauté amusante, un affichage OSD « pixel » sur le petit ordinateur Raspberry Pi Pico 2, capable de dessiner un horizon artificiel directement dans l’image analogique, sans puce dédiée. De quoi préparer les contrôleurs de vol de demain.
Faut-il installer Betaflight 2026.06 maintenant ?
Pour l’instant, Betaflight 2026.06 est en préversion (release candidate), et la version stable arrive dans les prochaines semaines. Si vous aimez tester et faire remonter les bugs, vous pouvez déjà l’essayer via l’appli web. Sinon, patientez quelques jours pour la version finale. Et surtout, sauvegardez vos réglages avant toute mise à jour, un réflexe que j’explique dans mes tutos Betaflight.
Que vous débutiez dans le FPV ou que vous soyez un habitué, une chose est sûre : entre le nouveau configurateur et les premières briques d’autonomie, Betaflight 2026.06 est l’une des versions les plus intéressantes depuis longtemps.